L’IA embarquée : comment pendentifs et bagues connectés redéfinissent l’interaction sans écran

Après plusieurs tentatives infructueuses, l’intelligence artificielle embarquée fait son retour sous une nouvelle forme : discrète, portable et pensée pour réduire la dépendance aux écrans. Présentée en force lors du CES de Las Vegas 2026, cette nouvelle génération de pendentifs, bagues et objets connectés ambitionne de dessiner l’après-smartphone, en plaçant l’IA au plus près du corps.

Loin d’un simple effet de mode technologique, cette évolution traduit un changement plus profond dans la manière dont les utilisateurs interagissent avec les systèmes numériques, et pose de nouvelles questions sur l’image, le corps et la présence de l’IA dans notre quotidien.

Le retour assumé de l’IA portée sur le corps

Moins de deux ans après l’échec très médiatisé de la broche IA de Humane, l’industrie semble prête à retenter le pari de l’IA sans écran. Le CES 2026 a confirmé ce regain d’intérêt, avec une multiplication de prototypes et d’annonces portées aussi bien par des start-up que par des géants technologiques.

Lenovo, via sa filiale Motorola, a ainsi dévoilé un prototype de pendentif IA destiné à piloter son assistant vocal Qira. Porté sur la poitrine, l’objet capte sons et images de l’environnement et permet une interaction entièrement vocale, sans manipulation d’écran. En parallèle, lunettes connectées, bagues intelligentes et boîtiers portables se sont imposés comme l’un des fils rouges du salon.

L’objectif est clair : proposer une interface plus fluide, plus naturelle, et moins intrusive visuellement.

Des usages variés, une même promesse : moins d’écran

Chaque acteur explore une approche différente de l’IA embarquée :

  1. Bee mise sur un boîtier polyvalent orienté productivité, porté au poignet ou sur un vêtement.

  2. Vocci parie sur une bague IA dédiée à la prise de notes assistée.

  3. Plaud cible les usages professionnels et les réunions avec un objet ultra-compact.

  4. iBuddi développe un médaillon-compagnon pensé pour lutter contre la fatigue des écrans.

  5. Looki adopte une approche radicale en filmant en continu le point de vue du porteur.

Derrière ces formats variés se cache une ambition commune : remplacer certaines interactions téléphoniques par une présence IA plus diffuse, intégrée au corps, et activée par la voix ou le contexte.

Des progrès technologiques décisifs

Si les premières tentatives ont échoué, c’est en grande partie à cause de limitations techniques : bugs, surchauffe, faible autonomie et IA vocale peu naturelle. En deux ans, ces freins ont largement reculé.

Les avancées sont notables sur trois plans :

  1. Les assistants vocaux sont désormais capables de tenir des conversations quasi fluides.

  2. Les puces embarquées permettent un traitement local des données, réduisant la dépendance au cloud.

  3. Les formats matériels gagnent en sobriété et en autonomie.

Ces progrès expliquent l’optimisme renouvelé de l’industrie, renforcé par l’entrée en scène d’acteurs majeurs. Amazon a racheté Bee, Meta continue d’enrichir ses lunettes connectées d’assistants IA, et OpenAI prépare son propre objet connecté autour de ChatGPT à l’horizon 2027.

Vie privée, image et acceptabilité sociale

Malgré cet élan, les résistances demeurent. Les critiques liées à la surveillance, à l’enregistrement permanent et à l’intrusion dans l’espace social restent vives. Les réactions hostiles à la campagne de Friend dans le métro new-yorkais en témoignent.

Pour certains observateurs, les attentes en matière de vie privée évoluent plus qu’elles ne disparaissent. Comme le souligne l’analyste Avi Greengart, les utilisateurs vivent déjà entourés de smartphones, de caméras urbaines et d’objets connectés. La question devient alors celle de la transparence, du contrôle et de la valeur perçue en échange.

D’autres entreprises tentent d’anticiper ces craintes, à l’image de Wearphone, qui propose un masque destiné à préserver la confidentialité des échanges vocaux avec un assistant IA.

Une longue cohabitation avec le smartphone

Ces objets signeront-ils la fin du smartphone ? La réponse, pour l’instant, est clairement négative. La plupart des experts s’accordent sur une période de cohabitation longue, où l’IA embarquée viendra compléter, et non remplacer, l’écran tactile.

Le principal frein identifié n’est ni la batterie ni la vie privée, mais l’absence d’un changement de comportement réellement décisif. Le smartphone reste un outil central, polyvalent et profondément ancré dans les usages.

Ce que l’IA embarquée dit de l’image et du corps

Au-delà de la technologie, ces objets posent une question essentielle : comment représenter l’IA lorsqu’elle disparaît de l’écran ? Lorsque l’interface devient invisible, portée sur le corps, l’image change de rôle. Elle n’est plus seulement affichée, elle est incarnée.

Cette évolution fait écho aux transformations observées dans la mode et le luxe, où l’IA redéfinit déjà la relation entre corps, image et technologie.

Artcare : anticiper les nouveaux usages visuels de l’IA

En tant qu’agence studio R&D IA spécialisée dans la mode et le luxe, Artcare observe ces mutations avec une attention particulière. L’IA embarquée, tout comme les mannequins virtuels IA, participe d’un même mouvement : déplacer l’interaction hors de l’écran classique pour la rapprocher du corps et de l’expérience.

Les mannequins 100 % IA développés par Artcare s’inscrivent dans cette logique. Ils permettent aux marques de concevoir des représentations visuelles cohérentes, adaptables et pensées pour des environnements de plus en plus fragmentés, où l’image doit fonctionner aussi bien dans un e-commerce que dans des interfaces IA conversationnelles ou des objets connectés.

À mesure que l’IA devient invisible, distribuée et incarnée, la maîtrise de l’image générée par IA devient un enjeu stratégique central pour les marques.

Vers une interaction plus diffuse et plus incarnée

L’IA embarquée ne promet pas un monde sans écrans, mais un monde où l’écran cesse d’être l’unique porte d’entrée. Pendentifs, bagues et lunettes connectées esquissent une interaction plus diffuse, plus contextuelle et plus intégrée au quotidien.

Pour les industries créatives, la mode et le luxe en tête, cette évolution annonce un nouveau terrain d’expression : celui d’une IA discrète, incarnée, et profondément liée à la manière dont nous représentons le corps, l’identité et l’expérience.

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